Ouvrir un PEA : où ? quand ? comment ?
Pourquoi ouvrir un PEA en 2026 ? Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est une enveloppe fiscale incontournable pour investir à long terme, tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse après 5 ans. Il permet d’acheter des actions ou des ETF, avec un plafond de versement de 150 000 €. Idéal pour débuter, le PEA peut être ouvert en ligne chez des courtiers fiables. Découvrez comment bien choisir votre PEA, optimiser votre fiscalité, comprendre son fonctionnement et éviter les erreurs fréquentes. Un guide complet pour investir intelligemment.
Pourquoi ouvrir un PEA : un incontournable de l’investissement
Apprendre à investir
Ouvrir un PEA est une étape fondamentale pour devenir investisseur ou investisseuse.
Pour vous faire la main, vous pouvez commencer par un mini-achat sur une classe d’actifs classique : les actions. C’est un investissement incontournable pour le long terme. Comme cela risque de secouer, on va commencer par un montant sans conséquence sur votre avenir, par exemple 100 euros.
Les actions devraient faire partie du portefeuille de tout le monde, dès lors qu’on a des projets à long terme. Mais la proportion adaptée varie énormément selon les profils de risque et les projets.
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Lisez la Ligne 2 du parcours Cayas pour tout comprendre au risque et à la volatilité.
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Utilisez l’outil Plan de vie de Cayas+ pour déterminer la proportion idéale d’actions dans votre portefeuille.
Le PEA, une enveloppe fiscale dédiée aux actions
Concrètement, on fait comment pour acheter et détenir des actions ? Première chose : il vous faut un endroit pour les caler.
En France, il existe une enveloppe fiscale parfaite pour ça : le Plan d’épargne en actions (PEA). C’est un outil important pour vos finances personnelles et pour vos investissements à long terme.
Le PEA peut s’ouvrir dans à peu près n’importe quelle banque ou chez d’autres acteurs qu’on appelle des courtiers ou brokers en anglais. Votre banque ou votre courtier sera l’intermédiaire entre vous et la Bourse.
Banque ou courtier : où ouvrir votre PEA ?
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Les grandes banques sont souvent généralistes : gestion des paiements, épargne, crédit, produits financiers... Cela vous permet d’avoir tout au même endroit. Le désavantage, c’est que certaines banques traditionnelles en profitent pour blinder de frais les PEA qu’elles proposent.
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Les courtiers ne proposent pas des services bancaires complets, mais ils vous permettent d’investir sur les marchés financiers. Ils proposent des PEA avec très peu (ou pas) de frais.
À vous de voir ce qui compte pour vous. (Un jeu de mots ? Où ça ?)
Comparer les offres est une bonne pratique mais n’y passez pas trop de temps.
Choisir où ouvrir votre PEA a l’air d’une question importante. En réalité, ce n’est pas ce qui aura le plus d’impact sur votre patrimoine. Ce qui en aura, c’est d’investir réellement sur votre PEA.
Si c’est plus confortable pour vous de l’ouvrir dans votre banque, ouvrez-le. Vous pourrez toujours le transférer ailleurs plus tard.
En clair, le plus important, ce n’est pas « où », c’est : le plus tôt possible.
Les meilleurs PEA en ligne pour débuter
Si vous ne savez pas où vous tourner, voici quelques repères parmi les PEA les moins chers :
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Si vous débutez en finances personnelles, Boursobank ou Fortuneo sont deux bonnes options, qui offrent la simplicité d’une ouverture en ligne. Dans l’équipe Cayas, on est plusieurs à avoir fait le choix de l’une ou l’autre. Pas de frais d’ouverture, des frais de transaction raisonnables : une très bonne base. Si votre capacité d’épargne est inférieure à 500 euros par mois, regardez du côté de Fortuneo. Si elle est supérieure à 500 euros par mois, regardez plutôt Bourso. (Et trouvez une rime en « o ».)
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Si vous êtes plus autonome dans vos investissements, vous pouvez regarder du côté de Bourse Direct ou Saxo Bank.
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Pour les plus avancés, il y a Interactive Brokers. C’est un courtier de qualité professionnelle, adapté aux stratégies sophistiquées. On le conseille plutôt aux vétérans de l’investissement.
Fiscalité du PEA : comment ça marche ?
Le PEA est une enveloppe fiscale offrant une fiscalité avantageuse sur les plus-values et les dividendes à condition de le détenir au moins cinq ans.
Expliquons ça.
« Fiscalité avantageuse » : cette expression reviendra à chaque fois que vous entendrez parler de PEA (ou d’assurance-vie, d’ailleurs).
Qu’est-ce que ça veut vraiment dire ?
Fiscalité avant cinq ans
Revenons à la règle générale. En investissement, les gains sont soumis à imposition.[3] Ils peuvent prendre la forme de plus-values ou de dividendes.
On a bien dit les gains ; l’imposition ne porte pas sur la totalité de votre investissement.
Cette imposition, c’est la flat tax. Elle est de 31,4 % tout compris : 18,6 % pour les prélèvements sociaux + 12,8 % pour l’impôt sur le revenu.
Pour la partie « imposition sur le revenu », une autre option existe : l’imposition au barème progressif. Dans ce cas, vos gains sont ajoutés à vos autres revenus et imposés selon votre tranche marginale d’imposition.
Selon votre tranche marginale, l’une des deux options sera plus intéressante que l’autre. Et bonne nouvelle : plus besoin de faire les calculs vous-même, le site des impôts vous indique explicitement laquelle est la plus avantageuse au moment de votre déclaration.
Théo ouvre un PEA et y place 1 000 €, sur un ETF judicieusement choisi qui lui rapporte 7 % en un an.
Un an après, son PEA vaut donc 1 070 €. Il décide de ne pas attendre cinq ans et il clôture son PEA pour retirer cet argent et vivre sa meilleure vie.
Ses gains de 70 € sont imposés à la flat tax.
70 € x 31,4 % = 22 €.
Théo récupère donc : 1070 – 22 = 1 048 €.
Fiscalité après cinq ans
Et cette « fiscalité avantageuse » après cinq ans, alors ?
Après cinq ans d’ouverture de votre PEA, si vous souhaitez retirer votre argent, vos plus-values ou vos dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu (12,8 %).
Mais pas des prélèvements sociaux (18,6 %).
Tous les gains des sommes retirées après cinq ans sont donc imposées à 18,6 % au lieu de 31,4 %.
C’est ça, la fiscalité avantageuse du PEA.
Le PEA de Théo valait 1 070 € au bout d’un an. Cette fois, il fait preuve de plus de patience avant de retirer tout son argent pour vivre sa meilleure vie : il attend cinq ans. Chaque année, son investissement lui a rapporté 7 %. (Les marchés actions ne sont jamais réguliers comme ça dans la vraie vie. Mais nous sommes dans un exemple simple.)
Au bout de cinq ans, son PEA vaut 1 402 €.
Seuls ses gains sont imposés : 402 € ici. Grâce aux règles du PEA et à sa fiscalité avantageuse, au lieu d’être imposés à 31,4 %, les gains sont imposés à 18,6 %.
402 € x 18,6 % = 75 €.
Théo récupère donc : 1 402 – 75 = 1 327 €.
Si les gains avaient été imposés à 31,4 %, Théo aurait récupéré :
1 402 – (402 € x 31,4 %) = 1 276 €.
Combien peut-on verser sur un PEA ? Le plafond expliqué
Le PEA est plafonné à 150 000 euros de versement. On ne comptabilise que l’argent versé sur le PEA, pas les gains réalisés depuis l’ouverture. Un PEA peut donc valoir plus que 150 000 euros, surtout s’il est ancien et qu’il a été bien investi.
Véro est une épargnante prévoyante et disciplinée. Elle a ouvert son PEA en janvier 1995 et y a investi 150 € par mois, sur l’équivalent d’un indice répliquant des actions Monde. Le rendement annualisé de cet indice a été d’environ 7 % sur cette période.
En novembre 2025, son PEA vaut un peu plus de 250 000 €.
En ayant épargné 150 € par mois, elle n’a versé en cumulé que 55 650 €. Tout le reste, ce sont ses plus-values.
Elle peut donc continuer d’épargner sur son PEA pendant encore quelques années, même si la valeur de son PEA a largement dépassé le plafond de versement.
Et pour inciter les épargnants à laisser leur argent investi sur le long terme, le législateur a ajouté deux particularités :
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Le cumul des versements fonctionne comme un tourniquet à sens unique : dans le calcul du plafond, seuls comptent les versements, pas les retraits. Exemple : vous versez 50 000 euros sur votre PEA puis vous récupérez 40 000 euros. Vous pourrez ensuite y verser encore 100 000 euros, et non 140 000 euros.
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Tout retrait d’argent avant les cinq ans d’ouverture du PEA le clôture automatiquement. On ne peut pas faire de retrait partiel pendant cette période : c’est un retrait total ou rien.
Liquidité du PEA : ce qu’il faut savoir
L’argent placé dans un PEA n’est jamais bloqué, même pendant les cinq premières années. Si vous en avez besoin, vous pouvez tout à fait « casser votre PEA », payer les impôts sur vos gains, récupérer la somme dont vous avez besoin, puis en rouvrir un nouveau dans la foulée. Le compteur des cinq ans repartira alors à zéro.
Ne laissez pas cette histoire des cinq ans vous bloquer dans vos projets, si vous en avez. C’est un biais psychologique classique et répandu : quand une option est moins avantageuse, on en vient parfois à se comporter comme si elle était interdite.
L’investissement en actions via un PEA est un investissement liquide. Même si ce n’est pas une décision optimale, vous pouvez récupérer votre argent quand vous le voulez, contrairement à d’autres investissements illiquides où c’est impossible.
Comment fonctionne un PEA : on récapitule
Si vous retirez de l’argent de votre PEA avant ses cinq ans :
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Vous devez faire un retrait total. Le PEA est automatiquement clôturé. Vous pouvez en rouvrir un autre dans la foulée, et le compteur des cinq ans repart à zéro.
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Vos gains sont imposés à la flat tax de 31,4 % (18,6 % + 12,8 %).
Si vous retirez de l’argent de votre PEA après ses cinq ans :
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Vous pouvez faire un retrait partiel et conserver votre PEA.
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Vos gains sont imposés à 18,6 % (prélèvements sociaux).
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Les retraits d’un PEA n’augmentent pas la capacité de versement jusqu’au plafond. Seuls les sommes versées sont prises en compte.
Les deux compartiments du PEA : Espèces et Titres
Une fois votre PEA ouvert, que faire ?
Commencez par faire un virement de votre compte courant vers votre PEA. Votre argent atterrit dans une poche « Espèces ». Attention, ce n’est pas fini. Il y a deux espaces distincts à l’intérieur de votre PEA. Avec l’argent de cette poche, vous allez ensuite faire votre premier investissement.
Quand vous revendrez votre actif, l’argent reviendra dans la poche « Espèces », sans sortir de l’enveloppe. Tant que l’argent ne sort pas du PEA, il n’est pas imposé.
C’est seulement quand vous ferez un virement depuis votre PEA vers votre compte courant que vos plus-values et vos dividendes seront imposés, au prorata de la somme retirée.
Chiffres clés du PEA
Le PEA a été créé en 1992. Son but est d’encourager l’investissement en Bourse des Français, connu pour être faible, et de répondre aux besoins en fonds propres des entreprises françaises puis européennes. Pour tout comprendre aux actions, lisez la station Actions.
Au 31 décembre 2024, d’après la Banque de France, on comptabilisait 7,2 millions de PEA ouverts, avec un encours moyen de 15 660 euros par PEA.
Et… 14 milliards d’euros qui dorment dans les poches « Espèces » des PEA, sans être investis. Ça fait beaucoup de personnes qui ont réussi l’étape « Mettre de l’argent dans la poche Espèces », mais qui ne sont pas passées à l’étape d’après.
À leur décharge, elles n’avaient pas Cayas, à l’époque.
Ça y est, vous avez l’endroit où garer vos actions. Tout est prêt pour l’achat.


